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Tuesday, May 26, 2015

Français -- Allen Dulles, les Nazis et la CIA

Allen Dulles, les Nazis et la CIA

 
   Allen Dulles, directeur de la CIA, en couverture de Time
(avec l’aimable participation de EOS development)

Le juge de la Cour Suprême Arthur Goldberg a déclaré jadis : « Les frères Dulles étaient des traîtres ». Certains historiens croient qu’Allen Dulles est devenu le directeur de la CIA nouvellement créée en grande partie pour dissimuler sa trahison et celle de ses clients.
- Christian Dewar, Making a Killing

Peu avant sa mort, James Jesus Angleton, le légendaire chef du contre-espionnage à la CIA, était un homme aigri. Il se sentait trahi par les gens pour lesquels il avait travaillé durant toute sa vie. A la fin, il a finalement compris qu’ils n’ont jamais été intéressés par les idéaux américains de « liberté » et de « démocratie ». Ils ne recherchaient que le « pouvoir absolu ».


Angleton raconta à l’auteur Joseph Trento que la principale raison pour laquelle il avait obtenu le poste au contre-espionnage était qu’il avait accepté de ne pas soumettre « soixante des plus proches amis d’Allen Dulles » au test du polygraphe (le « détecteur de mensonges ») concernant leurs relations commerciales avec les Nazis. Dans le désespoir, à la fin de sa vie, Angleton résumait qu’il retrouverait tous ses anciens compagnons « en enfer ».
- Michael Hasty, Paranoid Shift 

L’étude du passé est empreinte d’incertitude. Les experts graphologues en écriture peuvent aisément argumenter si oui ou non deux personnages célèbres portant le même nom n’étaient en fait qu’un seul et même individu. Celui qui étudie l’histoire moderne n’est habituellement pas confronté à de tels problèmes parce que nos vies sont aujourd’hui si bien documentées. Mais supposez que la plupart des archives actuelles disparaissent avec le temps, et qu’il n’en reste que quelques descriptions à moitié mythiques. Dans ce cas, les historiens du futur pourraient bien conclure que la seule manière de donner un sens au vingtième siècle serait de supposer qu’il ait existé deux Allen Dulles.

Ils nous diraient qu’un Allen Dulles était à la tête d’un puissant groupe d’agents secrets au service de la grande République Américaine au milieu du siècle. L’autre, qui vivait et travaillait peu de temps auparavant, s’était voué à promouvoir les intérêts du Reich nazi, qui était l’ennemi juré des Américains. Malgré la coïncidence des noms, il ne pouvait évidemment pas y avoir de relation entre eux.

Nous, avec notre documentation intacte, n’avons d’autre choix que d’accepter que ces deux Allen Dulles ne sont qu’une seule et même personne. Mais le prix à payer pour notre connaissance supérieure menace de mettre en doute notre compréhension du vingtième siècle tout entier.

Comment allons-nous commencer à déchiffrer ce puzzle ? Peut-être que cela nous aiderait de revenir au point de départ.

Allen Welsh Dulles était né avec le privilège et dans la tradition d’être un jour, serviteur de l’état. Il était le petit-fils d’un secrétaire d’état et le neveu d’un autre. Mais à l’époque où il avait obtenu son diplôme de Princeton en 1914, l’ère des barons-brigands de l’histoire américaine touchait à sa fin, sous l’impulsion de la loi anti-trust de Sherman – qui avait servi en 1911 à démanteler la Standard Oil – et par l’instauration progressif de l’impôt sur le revenu en 1913. L’élite au pouvoir commençait à considérer le gouvernement moins comme leur chasse gardée et plus comme une intrusion dans leur capacité à conduire les affaires courantes. Ce décalage des loyautés en lui-même pourrait expliquer de nombreux aspects paradoxaux de la carrière de Dulles.

Dulles entra dans la diplomatie après l’université et au poste de délégué du Département d’Etat à la Conférence de Paix de Paris en 1919, laquelle mettait formellement fin à la Première Guerre Mondiale. Le Traité de Versailles qui fut le résultat de cette conférence comprenait une clause rendant illégal le fait de vendre des armes à l’Allemagne. Ceci déplut fortement à la puissante famille DuPont qui fit pression sur les délégués pour qu’ils y aménagent une porte de sortie. Ce fut Allen Dulles qui leur donna finalement l’assurance qu’ils recherchaient qu’on « fermerait les yeux » sur leurs transactions avec l’Allemagne.

Dulles resta un diplomate durant le début des années 1920, passant une partie de son temps à Berlin. Cependant, il quitta le service du gouvernement en 1926 pour les plus vertes pâtures des affaires privées, devenant un avocat de Wall Street dans la même société que son frère aîné, John Foster Dulles.

Au milieu des années 1920, l’Allemagne commençait à se relever des conséquences de la guerre et de l’effondrement économique qui avait suivi, et les grandes entreprises industrielles allemandes étaient des opportunités d’investissement tentantes pour les riches Américains. W.A. Harriman & Co., fondée par Averell Harriman (fils du magnat des chemins de fer E.H. Harriman) et George Herbert Walker, avaient ouvert la voie à l’investissement américain vers les sociétés allemandes et créé une filiale à Berlin dès 1922, alors que le chaos régnait encore en Allemagne. A cette époque, Averell Harriman voyageait en Europe et prit contact avec la puissante famille des magnats de l’acier Thyssen. Cela allait déboucher sur un partenariat durable et fatidique.

 
 Hitler et son financier Fritz Thyssen


Les activités de Thyssen dans l’acier avaient énormément souffert de la défaite de l’Allemagne, et le vieil August Thyssen avait décidé de se prémunir contre de futurs revers en créant un système de banques privées. Il en fonda une à Berlin et une autre dans la ville de Rotterdam aux Pays-Bas. A la suite de la visite de Harriman, une troisième banque s’ajouta au réseau, l’Union Banking Corporation, fondée à New York en 1924 avec George Herbert Walker comme président. Posséder leur propre réseau bancaire permettait aux Thyssen de transférer facilement leurs avoirs, blanchir leur argent, dissimuler des profits et échapper à l’impôt.

En 1926, les affaires de W.A. Harriman allaient si bien que Walker offrit à son gendre, Prescott Bush, d’en être un vice-président. En 1931, W.A. Harriman fusionna avec une société Britannique pour créer Brown Brothers, Harriman (BBH), et Prescott Bush en devint un partenaire principal. Au cours des années 1930, Brown Brothers, Harriman, allait de plus en plus orienter les investissements de ses clients vers des sociétés allemandes. La famille Rockefeller figurait parmi les clients les plus éminents, et Standard Oil développa des liens particulièrement étroits avec le géant de la chimie I.G. Farben. 

C’est dans cette atmosphère grisante d’investissements importants et de manipulation financière qu’Allen Dulles infiltra quand il rejoignit la société de Sullivan et Cromwell en 1926. Il allait devenir l’avocat de la banque Thyssen à Rotterdam et représenter également d’autres sociétés allemandes, y compris I.G. Farben.

Cependant, il y avait un serpent dans cet éden pour hommes d’affaires, et son nom était Adolf Hitler. Le fils et successeur d’August Thyssen, Fritz Thyssen, était un partisan enthousiaste d’Hitler et finançait le parti Nazi depuis 1923. D’autres industriels allemands faisaient de même. Il est difficile de dire à quel point les investisseurs américains partageaient l’enthousiasme de Thyssen, bien qu’il semble probable que la plupart étaient moins animés par l’idéologie que par la perspective qu’Hitler serait un bon choix pour leurs affaires. De toute façon, le résultat fut que beaucoup de riches et puissants Américains allaient soutenir un régime qui finirait par devenir l’ennemi de leur propre nation, et allaient investir dans les mêmes entreprises qui constitueraient le noyau de la machine de guerre de ce régime.

Au début de 1933, les deux frères Dulles assistèrent à une réunion en Allemagne au cours de laquelle des industriels allemands se mirent d’accord pour favoriser l’accession au pouvoir d’Hitler en échange de sa promesse de briser les syndicats allemands. Quelques mois plus tard, John Foster Dulles négociait un accord avec le ministre de l’économie d’Hitler (Hjalmar Schacht) selon lequel tout le commerce allemand avec les Etats-Unis serait coordonné par l’intermédiaire d’un consortium dirigé par le cousin d’Averell Harriman. Avec les Nazis qui insufflaient un climat favorables aux affaires, les profits de Thyssen et d’autres entreprises s’envolèrent, et l’Union Banking Corporation devint progressivement une machine de blanchiment de l’argent Nazi. En 1934, George Herbert Walker plaça Prescott Bush au conseil d’administration de l’Union Bank, et Mrs Bush et Harriman commencèrent à utiliser la banque comme base d’un système complexe et trompeur de participations de sociétés gérées par une holding.

La compagnie maritime Hamburg-Amerika shipping line, que Harriman et Walker contrôlaient depuis 1920,  était particulièrement impliquée dans le fonctionnement du système Nazi. En 1934, une enquête du Congrès révélait qu’elle était devenue une façade pour les opérations d’espionnage, de propagande et de corruption de l’I.G. Farben pour le compte du gouvernement allemand. Plutôt que de conseiller à Walker et Harriman de se séparer de ces actifs douteux, Prescott Bush recruta Allen Dulles pour les dissimuler. A partir de 1937, les frères Dulles allaient aider Bush et Harriman dans la dissimulation de leurs relations avec les entreprises nazies. Ils ont fourni les mêmes services à d’autres, comme les Rockefeller.

Il va sans dire que Harriman, Walker, Bush et Dulles étaient moralement impliqués par leurs relations avec les entreprises allemandes comme Thyssen et I.G. Farben, étant donné que tous deux finançaient et profitaient des crimes contre l’humanité d’Hitler.

Cependant, toute leur entreprise était également corrompue dans un sens plus subtil, car elle reposait sur la base d’une supercherie financière à une échelle sans précédent. Cela aurait été le cas même si Hitler n’avait jamais accédé au pouvoir. La réelle signification d’introduire les Nazis dans l’équation consistait à augmenter les enjeux, en augmentant les gains potentiels pour les participants et en les obligeant à concevoir des schémas de plus en plus complexes pour dissimuler leurs abus.

Le gouvernement américain n’était pas le seul objet de ces dissimulations. A la fin des années 1930, Fritz Thyssen, inquiet de l’impact économique de la guerre prochaine, commença à dissimuler ses avoirs. Il en plaça une bonne partie au nom de parents éloignés aux Pays-Bas et transféra de grosses sommes en liquide par la banque familiale de Rotterdam et de là vers l’Union Banking Corporation à New York. Il fut aidé en cela par Prescott Bush, George Herbert Walker et Allen Dulles.  

Thyssen n’était pas le seul Allemand qui ressentait à ce moment là, la nécessité de protéger ses richesses de l’orage qui se préparait. Ma meilleure amie au lycée était la petite-fille de réfugiés juifs allemands, et elle me racontait avec délice comment ses grands-parents avaient prudemment confié leurs biens aux mains de divers amis non-juifs avant de fuir l’Europe et puis de retourner après la guerre pour les récupérer. Mais Thyssen n’était pas une douce grand-mère juive, et ses machinations et celles de ses amis américains s’apparentaient davantage à de la trahison envers leurs nations respectives.

Après que l’attaque sur Pearl Harbor en 1941 ait précipité les Etats-Unis dans la guerre, l’étroite association de tant d’industriels les plus importants avec des entreprises allemandes commença à les rattraper. Par exemple, on découvrit que Standard Oil s’était associée dans un cartel avec I.G. Farben pour produire du caoutchouc artificiel et du carburant à partir du charbon pour les Nazis. Ils avaient renouvelé cet accord même après que la guerre ait éclaté en Europe en 1939 et avaient fourni certains brevets aux Allemands tout en les dissimulant à la marine américaine et à l’industrie américaine.

John D. Rockefeller Jr, le principal actionnaire de Standard Oil, prétendit qu’il n’était pas au courant du fonctionnement au jour le jour, laissant le blâme retomber entièrement sur le président de la société, William S. Farish. Farish – dont la fille était mariée au neveu d’Averell Harriman – plaida « non coupable » des accusations de complot criminel en mars 1942 et accepta de rendre le brevet disponible aux Etats-Unis. Cependant, de nouvelles révélations ne cessaient d’émerger, et Farish fut amené à témoigner à de nombreuses reprises devant une commission d’enquête au Sénat sur la défense nationale. Sa santé étant mise à rude épreuve par les interrogatoires de plus en plus hostiles, il s’effondra victime d’une crise cardiaque et mourut en novembre 1942.

Au même moment, en octobre 1942, Prescott Bush fut chargé de diriger les sociétés-écran nazies, et toutes les actions de l’Union Banking Corporation furent saisies par le Conservateur de la Propriété étrangère. Le système complexe de sociétés holding que Bush et Harriman avaient créé en association avec la banque commença également à se démêler. L’avenir se présentait sous de sombres auspices pour le vieux gang. C’est alors qu’Allen Dulles accomplit un miracle.

A suivre … un jour … lorsque j’aurai compris comment leur truc a fonctionné)  
   
  Cory Panshin -   Mars 2005 –


traduction Patrick T. rev Isabelle
   
  Précédemment: Les Armées de la Réaction
  A suivre : Allen Dulles, les Nazis, et la CIA, Part II
   
  
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