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Monday, July 8, 2019

FR -- Manlio Dinucci -- L’art de la guerre -- La farce des relations avec la Russie

At a dinner attended by representatives of the Russian-Italian Civil Society Dialogue Forum.

L’art de la guerre 
La farce des relations avec la Russie
Manlio Dinucci

FRANÇAIS  ITALIANO  PORTUGUÊS

L’état des relations entre Italie et Russie est “excellent” : c’est ce qu’affirme le Premier ministre Conte en recevant à Rome le président Poutine. Le message est tranquillisant, soporifique même à l’égard de l’opinion publique. On s’y limite, fondamentalement, à l’état des relations économiques.
 La Russie, où opèrent 500 entreprises italiennes, est le cinquième marché extra-européen pour notre export et fournit 35% des besoins italiens en gaz naturel. Les échanges -précise Poutine- ont été de 27 milliards de dollars en 2018, mais en 2013 ils se montaient à 54 milliards. Ils ont donc été divisés par deux à cause de ce que Conte appelle la “détérioration des relations entre la Russie et l’Union européenne qui a conduit aux sanctions européennes” (en réalité décidées à Washington).
  Malgré cela il y a entre les deux pays une “intense relation à tous les niveaux”. Un ton rassurant qui reproduit celui de la visite de Conte à Moscou en 2018 et du Premier ministre Renzi à Saint Petersbourg en 2016, quand il avait garanti que “le mot guerre froide est sorti de l’histoire et de la réalité”. Ainsi continue la farce.
 Dans les relations avec la Russie, Conte (comme Renzi en 2016) se présente uniquement en habit de chef de gouvernement d’un pays de l’Union européenne, en dissimulant dans les coulisses l’appartenance de l’Italie à l’OTAN sous commandement des États-Unis, considérés comme “allié privilégié”. À la table Italie-Russie continue ainsi à siéger, en tant qu’invité de pierre, “l’allié privilégié” dans le sillage duquel se place l’Italie.
  Le gouvernement Conte déclare “excellent” l’état des relations avec la Russie alors qu’à peine une semaine plus tôt au siège de l’OTAN, il a de nouveau accusé la Russie d’avoir violé le Traité FNI (sur la base des “preuves” fournies par Washington), se mettant en rang derrière la décision USA d’enterrer le Traité afin de déployer en Europe de nouveaux missiles nucléaires à portée intermédiaire pointés sur la Russie.
  Le 3 juillet, la veille de la visite de Poutine en Italie, a été publiée à Moscou la loi qu’il a signée suspendant la participation russe au Traité : une action préventive avant que Washington n’en sorte définitivement le 2 août.

Ø  Poutine a aussi prévenu que si les USA déploient de nouvelles armes nucléaires en Europe adossées à la Russie, celle-ci pointera ses missiles sur les zones où elles sont basées.
Ø  Ainsi est avertie même l’Italie, qui se prépare à accueillir à partir de 2020 les nouvelles bombes B61-12 à disposition aussi de l’aéronautique italienne sous commandement étasunien.
Ø  Une semaine avant la confirmation de l’ “excellent” état des relations avec la Russie, le gouvernement Conte a confirmé la participation italienne à la force OTAN sous commandement USA de 30 navires de guerre, 30 bataillons et 30 escadres aériennes déployables en 30 jours en Europe contre la Russie à partir de 2020.
Ø  Toujours en fonction anti-Russie des navires italiens participent à des manoeuvres OTAN de guerre sous-marine ; des forces mécanisées italiennes font partie du Groupe de bataille OTAN en Lettonie  et la Brigade blindée Ariete s’est exercée il y a deux semaines en Pologne, tandis que des chasseurs italiens Eurofighter Typhoon sont déployés en Roumanie et Lettonie.
 Tout ceci confirme que la politique étrangère et militaire de l’Italie est décidée non pas à Rome mais à Washington, à la barbe du “souverainisme” attribué à l’actuel gouvernement.
   Les relations avec la Russie, comme celles avec la Chine, reposent sur les sables mouvants de la dépendance italienne des décisions stratégiques de Washington. Il suffit de rappeler comment en 2014, sur ordre de Washington, fut sabordé le gazoduc South Stream Russie-Italie, avec des pertes de milliards d’euros pour les entreprises italiennes. Dans l’absolu silence et consensus du gouvernement italien.
Édition de mardi 9 juillet 2019 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



«DICHIARAZIONE DI FIRENZE»
Per la creazione di un fronte internazionale NATO EXIT in tutti i paesi europei della NATO

Saturday, July 6, 2019

FR -- Manlio Dinucci, Porte-parole du Comitato No Guerra No Nato, Lauréat du Club de Periodistas de México, A.C.


Manlio Dinucci,
Porte-parole du Comitato No Guerra No Nato,
Lauréat du Club de Periodistas de México, A.C.

Parmi les lauréats du Concours national et international de journalisme, organisé par le Club de Periodistas de México (Club des Journalistes du Mexique), figure aussi cette année Manlio Dinucci, porte-parole du Comitato No Guerra No Nato (Comité Non à la Guerre Non à l’OTAN, CNGNN).

Le Club de Periodistas de Mexico, A.C. né dans les années 50 du XXème siècle, bénéficie d’une longue histoire de luttes pour la liberté d’expression, pour un journalisme indépendant et véridique, défiant les pouvoirs forts, ouverts et occultes, au risque même d’y perdre la vie.

Depuis l’an 2000 ont été assassinés au Mexique environ 130 journalistes, dont 6 dans les six premiers mois de 2019. Le Club publie une revue bimensuelle, Voces del Periodista, et gère une émission radiophonique quotidienne de diffusion nationale, outre une rubrique télévisée.

Les lauréats du Concours -choisis par un jury indépendant- ont été présentés à la cérémonie de remise du Prix, à Mexico, par Celeste Sáenz de Miera, secrétaire générale du Club.

Le prix le plus significatif a été attribué à Julian Assange, dont le nom est devenu “symbole mondial du nouveau journalisme d’investigation et de dénonciation, de la lutte contre la manipulation des informations et l’occultation des réels intérêts qui se dissimulent derrière les présentations médiatiques”. Le Prix d’Assange a été retiré par Pedro Miguel, directeur de Wikileaks au Mexique.

À Manlio Dinucci -dont les articles sont souvent publiés en espagnol sur la revue du Club de Periodistas de Mexico- a été attribué le Prix international d’analyse géostratégique, parce qu’ “il met ses connaissances de chercheur et ses capacités d’analyse au service du pacifisme mondial, dans une époque de graves menaces pour l’intégrité de nombreuses nations, et qu’il est une des voix défendant la raison et la justice”.

Dans sa présentation la secrétaire du Club, Celeste Saenz de Miera, a mise en évidence l’importance de la Déclaration de Florence publiée, au terme du Colloque international du 7 avril, par le CNGNN et par Global Research, le centre canadien de recherche sur la mondialisation dirigé par le Professeur Michel Chossudovsky.


Brève note sur l’auteur :

Géographe et géopolitologue.

Livres les plus récents :  Laboratorio di geografia, (Laboratoire de géographie) Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (Journal de voyage), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, (L’art de la guerre / Annales de la stratégie USA/OTAN 1990-2016 ) Zambon 2016, Guerra Nucleare. Il Giorno Prima (Guerre nucléaire. Le Jour d’avant) 2017; Diario di guerra (Journal de guerre) Asterios Editores 2018, Premio internazionale per l'analisi geostrategica assegnato il 7 giugno 2019 dal Club dei giornalisti del Messico, A.C. (Prix international pour l’analyse géostratégique attribué le 7 juin 2019 par le Club des Journalistes du Mexique, A.C.)


Discours intégral de remerciements au Club des Journalistes du Mexique, A.C.

Chers collègues et amis,

C’est un grand honneur pour moi de recevoir le Prix International de Journalisme du prestigieux Club de Journalistes du Mexique.

Même si nous opérons dans des contextes différents, je pense que nous avons devant nous la même question fondamentale : quel est aujourd’hui le rôle des journalistes ? La réponse est plus complexe qu’il ne semble.

Un développement technologique sans précédents a créé, en l’espace d’une génération, un système d’information et communication étendu à l’échelle mondiale : les mêmes nouvelles et images arrivent simultanément dans chaque pays et entrent dans chaque maison reliée au réseau télévisé et à Internet.

La vitesse avec laquelle sont arrivées et arrivent ces informations risque cependant de faire perdre de vue les caractéristiques du phénomène : l’information et communication mondiale a en réalité ses “frontières”.

Le décalage dans les technologies de l’information et communication (dit digital divide) est beaucoup plus fort.

Les centres moteurs du système mondial d’information et communication sont largement concentrés dans les pays définis (selon les catégories conventionnelles) comme “les plus développés”. C’est là que se trouvent les maisons mères de colossaux groupes multimédias qui sont en mesure d’influencer les opinions et les goûts des gens à l’échelle planétaire.

L’élément décisif n’est pas la technologie, mais l’usage qu’on en fait.

Par exemple, la capacité de la télévision de faire arriver dans chaque pays les images d’un événement, alors que, d’une pat, elle peut être utilisée pour élargir l’horizon des connaissances des téléspectateurs, peut, d’autre part, être utilisée pour le restreindre en les induisant à croire que n’existe que ce qu’on voit et n’existe pas ce qu’on ne voit pas.

La capacité d’Internet de mettre en contact des personnes du monde entier peut d’un côté servir au développement des multiculturalités, mais de l’autre peut servir à l’hégémonie d’une langue et culture déterminée sur les autres. La même chose vaut pour les réseaux sociaux (social networks), étendus à niveau planétaire.

En général, le système mondial d’information et communication peut servir d’une part à la connaissance réciproque, en contribuant à créer des relations de paix, d’autre part il peut servir à la préparation de l’opinion publique à la guerre, par exemple à travers des campagnes médiatiques de diabolisation de certains pays et gouvernements.

Dans ce cadre le rôle des journalistes est fondamental. Ils ne doivent pas être réduits à de simples distributeurs d’informations pré-confectionnées dans les centres de pouvoir médiatique. Ils doivent être les chercheurs infatigables de la vérité, ils doivent avoir le courage de dire ce que d’autres taisent. Devoir souvent dur et risqué, aujourd’hui plus important que jamais pour les grands choix dont dépend l’avenir de l’humanité.

C’est le devoir que vous poursuivez, estimés amis du Club de Journalistes du Mexique. J’apprécie donc tout particulièrement le prix que vous m’avez fait l’honneur de m’attribuer, symbole d’un engagement commun sur le même front de lutte.



Note plus complète sur l’auteur :

Manlio Dinucci, journaliste et essayiste, a vécu et travaillé à Pékin dans les années 60 du XXème siècle, contribuant à la publication de la première revue chinoise en langue italienne et à la diffusion des Lettres de la Chine de la journaliste étasunienne Anna Louise Strong.

Sur la base de cette expérience il a publié chez Mazzotta editors, La lotta di classe in Cina /1949-1974 (La lutte de classe en Chine/1949-1974) (1975) et Economia e organizzazione del lavoro in Cina/1949-1974 (Economie et organisation du travail en Chine /1949-1974) (1976).

Dans les années 80, il a dirigé la revue Lotta per la pace (Lutte pour la paix) (née de l’”Appello contro l’installazione dei missili nucleari in Italia” -Appel contre l’installation des missiles nucléaires en Italie-, lancé en 1979 par Ludovico Geymonat et alt.) et a été directeur exécutif pour l’Italie de l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War, association lauréate du Prix Nobel de la paix en 1985.

Co-auteur, avec le Prix Nobel de Médecine Daniel Bovet, de Tempesta del Deserto/Le armi del Nord, il dramma del Sud (Tempête du désert / Les armes du Nord, le drame du Sud) avec une présentation d’Ernesto Balducci (Edizioni Cultura della pace, 1991). Chez la même maison d’édition il a publié Hyperwar/Dalla “iperguerradel Golfo alla Conferenza sul Medio Oriente (Hyperwar/De l’hyperguerre du Golfe à la Conférence sur le Moyen Orient) (1991) et La strategia dell’impero : Dalle directive del Pentagono al Nuovo Modello di Difesa (La stratégie de l’empire : Des directives du Pentagone au Nouveau Modèle de Défense) (1992), écrit avec U. Allegretti et D. Gallo et présenté par R. La Valle.

Auteur de L’oro e la spada / Imperi economici e guerre di conquista nell’era del capitale globale (L’or et l’épée/ Empires économiques et guerres de conquête à l’ère du capital mondial) (Comitato Golfo, 1993).

Auteur de Il potere nucleare (Le pouvoir nucléaire) (Fazi Editore, 2003).

Auteur de L’Arte della Guerra (L’Art de la Guerre) (Zambon Editore, 2015).

Collaborateur de il manifesto, avec la rubrique hebdomadaire L’Arte della Guerra. Collaborateur de Pandora TV, dirigée par Giulietto Chiesa. Il est aussi l’auteur de manuels scolaires de géographie humaine.

Il a élaboré la Documentation pour le Colloque International sur le 70ème Anniversaire de l’OTAN,   Florence, 7 avril 2019 et avec le Prof. Chossudovsky a écrit et signé la Dichiarazione di Firenze (Déclaration de Florence). 



Manlio Dinucci — Premio Internazionale di Analisi Geostrategica- 
Subtitles (IT, FR, PT, RO, SP)

Monday, June 24, 2019

FR – Manlio Dinucci – L’Art de la Guerre -- L’Union européenne dans la stratégie nucléaire du Pentagone


L’Art de la Guerre
L’Union européenne dans la stratégie nucléaire du Pentagone
Manlio Dinucci


  Les ministres de la Défense de l’OTAN (pour l’Italie Elisabetta Trenta, M5S, pour la France, Florence Parly, LREM) ont été convoqués à Bruxelles le 26 et 27 juin pour approuver les nouvelles mesures de “dissuasion” contre la Russie, accusée sans aucune preuve d’avoir violé le traité FNI. En substance ils se mettront en rang derrière les États-Unis qui, en se retirant définitivement du Traité le 2 août, se préparent à déployer en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire (entre 500 et 5500 km) avec base à terre, analogues à ceux des années 80’ (les Pershing II et les missiles de croisière) qui furent éliminés (avec les SS-20 soviétiques) par le Traité signé en 1987 par les présidents Gorbachev et Reagan.

   Les plus grandes puissances européennes, de plus en plus divisées à l’intérieur de l’Ue, se re-compactent dans l’OTAN sous commandement USA pour soutenir leurs intérêts stratégiques communs. Cette même Union européenne -dont 21 des 27 membres font partie de l’OTAN (comme en fait partie la Grand-Bretagne sortante de l’Ue)- a rejeté aux Nations Unies la proposition russe de conserver le Traité FNI. Sur une question d’une telle importance l’opinion publique européenne est laissée volontairement dans l’ignorance par les gouvernements et les grands médias. Ainsi ne perçoit-on pas le danger croissant qui nous menace : la possibilité augmente qu’on arrive un jour à l’emploi d’armes nucléaires. 

  C’est ce que confirme le dernier document stratégique des Forces armées USA, “Nuclear Operations” (11 juin), rédigé sous la direction du président du Comité joint des chefs d’états-majors. Étant entendu que “les forces nucléaires fournissent aux USA la capacité de poursuivre leurs propres objectifs nationaux”, le document souligne qu’elles doivent être “diversifiées, flexibles et adaptables” à une “vaste gamme d’adversaires, menaces et contextes”. Alors que la Russie prévient que même l’usage d’une seule arme nucléaire de basse puissance amorcerait une réaction en chaîne qui pourrait porter à un conflit nucléaire à grande échelle, la doctrine étasunienne est en train de s’orienter sur la base d’un dangereux concept de “flexibilité”.

  Le document stratégique affirme que “les forces nucléaires USA fournissent les moyens d’appliquer la force à une vaste gamme de cibles en des temps et moyens choisis par le Président”. Cibles (spécifie le même document) en réalité choisis par les agences de renseignement, qui évaluent leur vulnérabilité à une attaque nucléaire, en prévoyant aussi les effets de la retombée radioactive. L’utilisation d’armes nucléaires -souligne le document- “peut créer les conditions de résultats décisifs : en particulier, l’utilisation d’une arme nucléaire changera fondamentalement le cadre d’une bataille en créant les conditions qui permettent aux commandants de l’emporter dans le conflit”.
   
 Les armes nucléaires permettent en outre aux USA de “rassurer leurs alliés et partenaires” qui, se fiant à ces armes, “renoncent à la possession de leurs propres armes nucléaires, en contribuant aux objectifs étasuniens de non-prolifération”.

  Le document indique cependant que “les USA et certains alliés de l’OTAN sélectionnés conserveront des avions à double capacité pouvant transporter des armes nucléaires ou conventionnelles”. Il admet ainsi que quatre pays européens officiellement non-nucléaires -Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas- et la Turquie, violant le Traité de non-prolifération, non seulement hébergent des armes nucléaires USA (les bombes B-61 qui à partir de 2020 seront remplacées par les plus meurtrières B61-12), mais sont préparés à les utiliser dans une attaque nucléaire sous commandement du Pentagone.
 
  Tout cela est tu par gouvernements et parlements, télévisions et journaux, avec le silence complice de l’écrasante majorité des politiciens et des journalistes, qui par contre nous répètent tous les jours combien est importante, pour nous, Italiens et européens, la “sécurité”. Elle nous est garantie par les États-Unis déployant en Europe d’autres armes nucléaires.

Édition de mardi 25 juin 2019 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



«DICHIARAZIONE DI FIRENZE»
Per la creazione di un fronte internazionale NATO EXIT in tutti i paesi europei della NATO

Friday, June 21, 2019

FR -- Manlio Dinucci -- L'Art de la Guerre -- QUI SONT LES INCENDIAIRES DE PÉTROLIERS?

L'Art de la Guerre
Qui sont les incendiaires de pétroliers?
Manlio Dinucci




Tandis que les États-Unis préparent une nouvelle escalade au Moyen-Orient, en accusant l’Iran d’attaquer les pétroliers dans le golfe d’Oman, le vice-premier ministre italien Matteo Salvini rencontre à Washington le secrétaire d’État Mike Pompeo, un des artisans de cette stratégie, en l’assurant que « l’Italie veut redevenir dans le continent européen le premier partenaire de la plus grande démocratie occidentale ». Ainsi accroche-t-il l’Italie à l’opération lancée par Washington.

L’« incident du golfe d’Oman », casus belli contre l’Iran, calque « l’incident du golfe du Tonkin » du 4 août 1964, utilisé comme casus belli pour bombarder le Nord Vietnam, accusé d’avoir attaqué un torpilleur US (accusation qui s’est ensuite révélée fausse).

Aujourd’hui une vidéo diffusée par Washington montre l’équipage d’une présumée vedette iranienne qui, en plein jour, décroche du flanc d’un pétrolier une mine non explosée pour effacer sa provenance (car la mine aurait porté l’inscription « made in Iran »).

Avec ces « preuves », qui constituent une véritable insulte à l’intelligence, Washington cherche à camoufler le but de l’opération. Celle-ci relève de la stratégie pour le contrôle des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel et de leurs couloirs énergétiques [1]. Ce n’est pas un hasard si dans le viseur des États-Unis se trouvent l’Iran et l’Irak, dont les réserves pétrolifères totales dépassent celles de l’Arabie Saoudite et sont cinq fois supérieures à celles des USA. Les réserves iraniennes de gaz naturel sont environ 2,5 fois celles des USA. Pour la même raison se trouve dans le viseur états-unien le Venezuela, pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères du monde.

Le contrôle des couloirs énergétiques est de première importance. En accusant l’Iran de vouloir « interrompre le flux de pétrole à travers le détroit d’Ormuz », Mike Pompeo annonce que « les États-Unis défendront la liberté de navigation ». Autrement dit, il annonce que les États-Unis veulent contrôler militairement cette zone clé pour l’approvisionnement énergétique y compris de l’Europe, en empêchant avant tout le transit du pétrole iranien (à qui l’Italie et d’autres pays européens ne peuvent pas de toutes façons accéder librement à cause de l’interdit états-unien).

Ø  D’Iran aurait pu aussi arriver en Europe du gaz naturel à bas prix par un gazoduc traversant l’Irak et la Syrie ; mais le projet, lancé en 2011, a sauté à la suite de l’opération USA/OTAN pour démolir l’État syrien.

Ø  De Russie aurait pu arriver directement en Italie, et de là être distribué dans d’autres pays européens avec de notables avantages économiques, du gaz naturel, au moyen du South Stream à travers la Mer Noire ; mais le gazoduc, déjà en phase avancée, a été bloqué en 2014 sous la pression des États-Unis et de l’Union européenne même, avec de gros dommages pour l’Italie.

C’est par contre le redoublement du Nord Stream qui s’est poursuivi, faisant de l’Allemagne le centre de triage du gaz russe. Puis, sur la base de l’accord de « coopération stratégique USA-UE dans le domaine énergétique » stipulé en juillet 2018, les exportations états-uniennes de gaz naturel liquéfié (Lng) dans l’UE ont triplé. Le centre de triage est la Pologne, d’où le « gaz de la liberté » arrivera aussi en Ukraine.

L’objectif de Washington est stratégique : frapper la Russie en remplaçant en Europe le gaz russe par celui des USA. Mais on n’a aucune garantie, ni sur les prix, ni sur la durée des fournitures US de gaz, extrait des schistes bitumineux par la technique du fracking(fracturation hydraulique), désastreuse pour l’environnement.

Que dit de tout cela Matteo Salvini qui, arrivé dans la « plus grande démocratie du monde occidental », a fièrement déclaré : « Je fais partie d’un gouvernement qui en Europe ne se contente plus des miettes » ?

[1] « Géopolitique du pétrole à l’ère Trump », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 avril 2019.



Édition de mardi 18 juin 2018 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Wednesday, June 19, 2019

FR --Manlio Dinucci --L’art de la guerre -- Russie-Chine : le sommet qui ne fait pas l’info

With President of the People's Republic of China Xi Jinping.
L’art de la guerre
Russie-Chine : le sommet qui ne fait pas l’info

Manlio Dinucci

Les projecteurs médiatiques se sont focalisés le 5 juin sur le président Trump et les leaders européens de l’OTAN qui, pour l’anniversaire du D-Day, auto-célébraient à Portsmouth “la paix, liberté et démocratie assurées en Europe” en s’engageant à “les défendre en tout moment où elles soient menacées”. La référence à la Russie est claire.

  Les grands médias par contre ont ignoré ou relégué au second plan, parfois sur un ton sarcastique, la rencontre qui s’est déroulée le même jour à Moscou entre les présidents de la Russie et de la Chine. Vladimir Poutine et Xi Jinping, à leur presque trentième rencontre en six ans, ont présenté non pas des concepts rhétoriques mais une série de faits.

  Les échanges entre les deux pays, qui ont dépassé l’an dernier les 100 milliards de dollars, se trouvent accrus d’environ 30 nouveaux projets chinois d’investissement en Russie, notamment dans le secteur énergétique, pour un total de 22 milliards.

  La Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine et s’apprête à le devenir aussi pour le gaz naturel : en décembre entrera en fonction le grand gazoduc oriental, auquel s’en ajoutera un autre depuis la Sibérie, plus deux gros sites pour l’exportation de gaz naturel liquéfié.

  Le plan USA d’isoler la Russie par les sanctions, opérées aussi par l’Ue, et avec la coupure des exportations énergétiques russes en Europe, va être ainsi rendu vain.

  La coopération russo-chinoise ne se limite pas au secteur énergétique. Ont été lancés des projets conjoints dans le domaine aérospatial et autres secteurs de haute technologie. On est en train de faire monter en puissance les voies de communication ferroviaires, routières, fluviales et maritimes entre les deux pays. En forte augmentation aussi les échanges culturels et les flux touristiques.
 
  Coopération tous azimuts, dont la vision stratégique émerge de deux décisions annoncées au terme de la rencontre : 

Ø  la signature d’un accord intergouvernemental pour étendre l’utilisation des monnaies nationales, le rouble et le yan, dans les échanges commerciaux et dans les transactions financières, comme alternative au dollar encore dominant  ; 


Ø  l’intensification des efforts pour intégrer la Nouvelle Route de la Soie, promue par la Chine, et l’Union économique eurasiatique, promue par la Russie, avec “la visée de former dans l’avenir un plus grand partenariat eurasiatique”.

  Que cette visée ne soit pas simplement économique est confirmé par la “Déclaration conjointe sur le renforcement de la stabilité stratégique mondiale” signée à l’issue de la rencontre. Russie et Chine ont “des positions identiques ou très proches”, de fait contraires à celles des USA/OTAN, par rapport à Syrie, Iran, Vénézuela et Corée du Nord.

Elles préviennent : le retrait des USA du Traité FNI (dans le but de déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire au bord de la Russie aussi bien que de la Chine) peut accélérer la course aux armements et accroître la possibilité d’un conflit nucléaire. Elles dénoncent la décision USA de ne pas ratifier la mise au ban total des essais nucléaires.

Elles déclarent “irresponsables” le fait que certains États, bien qu’adhérant au Traité de non-prolifération, pratiquent des “missions nucléaires conjointes” et leur demandent “le retour dans les territoires nationaux de toutes les armes nucléaires déployées hors des frontières”.

  Requête qui concerne directement l’Italie et les autres pays européens où, violant le Traité de non-prolifération, les États-Unis ont basé des armes nucléaires utilisables aussi par les pays hôtes sous commandement étasunien : les bombes nucléaires B-61 qui seront remplacées à partir de 2020 par les encore plus dangereuses B61-12.

  De tout cela n’ont pas parlé les grands médias, qui le 5 juin étaient occupés à décrire les splendides toilettes de la First Lady Melania Trump aux cérémonies du D-Day

Édition de mardi 11 juin 2019 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
 il manifesto, 11 giugno 2019




«DICHIARAZIONE DI FIRENZE»
Per la creazione di un fronte internazionale NATO EXIT in tutti i paesi europei della NATO

Tuesday, June 4, 2019

FR – Manlio Dinucci -- « L’ART DE LA GUERRE » -- LE BRAS LONG DU GROUP DE BILDERBERG

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Le bras long du Groupe de Bilderberg
par Manlio Dinucci


Depuis plusieurs années, beaucoup d’âneries ont été écrites à propos du Groupe de Bilderberg. Pourtant, à partir de documents, il est possible d’en avoir une vision fiable. De nombreux chercheurs s’y sont attelés. Il ne s’agit absolument pas d’un gouvernement mondial, mais d’un réseau d’influence, composé par la CIA et le MI6 pour soutenir l’OTAN/NATO.
RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 4 JUIN 2019

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Arrivées d’Henry Kissinger et de Mike Pompeo au Montreux Palace
pour la tenue de la 67ème réunion annuelle du

Groupe de Bilderberg


Trois Italiens ont été invités cette année à la réunion du groupe Bilderberg, qui s’est tenue à Montreux en Suisse, du 30 mai au 2 juin. Aux côtés de Lili Gruber, l’animatrice télévisée de La7, hôte désormais permanente du Bilderberg, a été invité un autre journaliste : Stefano Feltri, directeur-adjoint du Fatto Quotidiano dirigé par Marco Travaglio. Le « troisième homme » choisi par le Bilderberg est Matteo Renzi, sénateur du Partito Democratico, ancien président du Conseil.

Le groupe Bilderberg, constitué en 1954, formellement par l’initiative d’« éminents citoyens » états-uniens et européens, fut en réalité créé par la CIA et par le service secret britannique MI6 pou soutenir l’Otan contre l’URSS [1]. Après la Guerre froide, il a gardé ce même rôle en soutien de la stratégie USA/Otan.

À ses réunions sont invités chaque année, venant presque exclusivement d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord, environ 130 représentants du monde politique, économique et militaire, des grands médias et des services secrets, qui formellement participent à titre personnel. Ils se réunissent à huis clos, chaque année dans un pays différent, dans des hôtels de luxe blindés par de draconiens systèmes de sécurité militaires. N’est admis aucun journaliste ou observateur, et aucun communiqué n’est publié. Les participants sont tenus à la règle du silence : ils ne peuvent même pas révéler l’identité des intervenants qui leurs ont fourni des informations (au mépris de la « transparence » proclamée). On sait seulement que cette année on a surtout parlé de Russie et Chine, de systèmes spatiaux, d’un ordre stratégique stable, de l’avenir du capitalisme.

Les présences les plus importantes ont été, comme d’habitude, celle d’Étasuniens :

Ø  Henry Kissinger, « figure historique » du groupe qui le créa avec le banquier David Rockefeller (également fondateur de la Commission Trilatérale, mort en 2017) ;
Ø  Mike Pompeo, ancien chef de la CIA et actuel secrétaire d’État [2] ;
Ø  David Petraeus, général et ancien chef de la CIA [3] ;
Ø  Jared Kushner, conseiller (et gendre) du président Trump pour le Moyen-Orient et ami intime du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Ø  Venant à leur suite Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, qui a reçu un second mandat pour ses services rendus aux USA

Pendant quatre jours, dans des rencontres secrètes multilatérales et bilatérales, ces représentants, et d’autres, des grands pouvoirs (affichés et occultes) de l’Occident ont renforcé et élargi le réseau de contacts qui leur permet d’influer sur les politiques gouvernementales et sur les orientations de l’opinion publique.

Les résultats sont visibles. Sur Il Fatto Quotidiano Stefano Feltri défend à couteaux tirés le groupe Bilderberg, expliquant que ses réunions se tiennent à huis clos « pour créer un contexte de débat franc et ouvert, justement en tant que non institutionnel », et s’en prend aux « nombreux complotistes » qui diffusent des « légendes » sur le groupe Bilderberg et sur la Commission Trilatérale [4].

Il ne dit pas que, parmi les « nombreux complotistes » se trouve le juge Ferdinando Imposimato, président honoraire de la Cour Suprême de Cassation (décédé en 2018), qui résumait ainsi le résultat des enquêtes qu’il avait effectuées : « Le groupe Bilderberg est un des responsables de la stratégie de la tension et donc aussi des massacres » à commencer par celui de Piazza Fontana, de concert avec la CIA et les services secrets italiens, avec Gladio et les groupes néo-fascistes, avec la loge P2 et les loges maçonniques USA dans les bases Otan [5].

Dans ce prestigieux club a été à présent admis même Matteo Renzi. Étant exclu qu’ils l’aient invité pour ses talents d’analyste, reste l’hypothèse que les puissants du Bilderberg soient en train de préparer de façon occulte quelque autre opération politique en Italie. Feltri nous excusera de nous joindre ainsi aux « nombreux complotistes ».

Lire : Le groupe Bilderberg, l’« élite » du pouvoir mondial, du sociologue et économiste italien Domenico Moro (traduction M-A Patrizio) Éditions Delga, Paris 2015 (19 euros). Avec une “Présentation au lecteur français” de Bernard Genet (animateur de Comaguer).

Nous avons reproduit la liste officielle des participants à la réunion 2019 du Groupe de Bilderberg, mais avec notre propre définition de leurs fonctions : « Liste des participants à la réunion 2019 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2019.

L’annonce aux participants d’événements politiques inattendus est une caractéristique du Groupe de Bilderberg. Ainsi, invita-t-il en 2014 Emmanuel Macron, qui y prononça sa rupture d’avec François Hollande. Ou en 2016 le maire du Havre, Édouard Philippe, qui y prononça son ralliement à Emmanuel Macron. Les deux hommes devinrent président de la République et Premier ministre.




[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie) , Réseau Voltaire, 9 avril 2011.
[2] Ne figure pas sur la liste officielle. Sa présence a été révélée par le quotidien L’Écho : « Mike Pompeo est à la réunion du groupe Bilderberg », Nicolas Keszel, L’Écho, 1er juin 2019.

[3] David Petraeus a conçu, en tant que directeur de la CIA, l’armement de Daesh par l’Opération « Timber Sycamore ». Il poursuit aujourd’hui ce trafic en tant que directeur du Global Institute du fonds de placement KKR. KKR est dirigé par Henry Kravis, hôte incontournable du Bilderberg, dont sa femme est administratice. Il est aussi le principal financier d’Emmanuel Macron. « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[4] “Sì, il gruppo Bilderberg mi ha invitato alla sua riunione. Vi spiego perché mi interessa partecipare”, Stefano Feltri, 28 Maggio 2019 ; « Stefano Feltri al Bilderberg, per me è un errore e le spiego perché », Angelo Cannatà, 1 Giugno 2019 ; « Dentro il Bilderberg : ecco di cosa si discute davvero », Stefano Feltri, 4 Giugno 2019, Il Fatto Quotidiano.

[5] « Terrorisme : le juge Imposimato accuse le Bilderberg », Réseau Voltaire, 30 janvier 2013.



Il manifesto, 4 giugno 2019

BILDERBERG MEETING 2019

Montreux, 30 May – 2 June 2019

BOARD

Castries, Henri de (FRA), Chairman, Steering Committee; Chairman, Institut Montaigne
Kravis, Marie-Josée (USA), President, American Friends of Bilderberg Inc.; Senior Fellow, Hudson Institute
Halberstadt, Victor (NLD), Chairman Foundation Bilderberg Meetings; Professor of Economics, Leiden University
Achleitner, Paul M. (DEU), Treasurer Foundation Bilderberg Meetings; Chairman Supervisory Board, Deutsche Bank AG


PARTICIPANTS

Abrams, Stacey (USA), Founder and Chair, Fair Fight
Adonis, Andrew (GBR), Member, House of Lords
Albers, Isabel (BEL), Editorial Director, De Tijd / L’Echo
Altman, Roger C. (USA), Founder and Senior Chairman, Evercore
Arbour, Louise (CAN), Senior Counsel, Borden Ladner Gervais LLP
Arrimadas, Inés (ESP), Party Leader, Ciudadanos
Azoulay, Audrey (INT), Director-General, UNESCO
Baker, James H. (USA), Director, Office of Net Assessment, Office of the Secretary of Defense
Balta, Evren (TUR), Associate Professor of Political Science, Özyegin University
Barbizet, Patricia (FRA), Chairwoman and CEO, Temaris & Associés
Barbot, Estela (PRT), Member of the Board and Audit Committee, REN (Redes Energéticas Nacionais)
Barroso, José Manuel (PRT), Chairman, Goldman Sachs International; Former President, European Commission
Barton, Dominic (CAN), Senior Partner and former Global Managing Partner, McKinsey & Company
Beaune, Clément (FRA), Adviser Europe and G20, Office of the President of the Republic of France
Boos, Hans-Christian (DEU), CEO and Founder, Arago GmbH
Bostrom, Nick (UK), Director, Future of Humanity Institute, Oxford University
Botín, Ana P. (ESP), Group Executive Chair, Banco Santander
Brandtzæg, Svein Richard (NOR), Chairman, Norwegian University of Science and Technology
Brende, Børge (NOR), President, World Economic Forum
Buberl, Thomas (FRA), CEO, AXA
Buitenweg, Kathalijne (NLD), MP, Green Party
Caine, Patrice (FRA), Chairman and CEO, Thales Group
Carney, Mark J. (GBR), Governor, Bank of England
Casado, Pablo (ESP), President, Partido Popular
Ceviköz, Ahmet Ünal (TUR), MP, Republican People’s Party (CHP)
Champagne, François Philippe (CAN), Minister of Infrastructure and Communities
Cohen, Jared (USA), Founder and CEO, Jigsaw, Alphabet Inc.
Croiset van Uchelen, Arnold (NLD), Partner, Allen & Overy LLP
Daniels, Matthew (USA), New space and technology projects, Office of the Secretary of Defense
Davignon, Etienne (BEL), Minister of State
Demiralp, Selva (TUR), Professor of Economics, Koç University
Donohoe, Paschal (IRL), Minister for Finance, Public Expenditure and Reform
Döpfner, Mathias (DEU), Chairman and CEO, Axel Springer SE
Ellis, James O. (USA), Chairman, Users’ Advisory Group, National Space Council
Feltri, Stefano (ITA), Deputy Editor-in-Chief, Il Fatto Quotidiano

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At midday on Friday 5 February, 2016 Julian Assange, John Jones QC, Melinda Taylor, Jennifer Robinson and Baltasar Garzon will be speaking at a press conference at the Frontline Club on the decision made by the UN Working Group on Arbitrary Detention on the Assange case.

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